Toupies Philippe Chacqueneau
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Les toupies
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Philippe Chacqueneau s'est installé comme artisan d'art. Il fabrique essentiellement des toupies de collection

La toupie, cet objet à la fois inutile et passionnant, réveille en chacun d'entre nous une partie de notre enfance. Les cours de récréation et autres terrains de jeux sont témoins de regards d'enfants émerveillés devant la danse infatigable de ce jouet aux formes de poires ou de ballerines en tutu tournant sur sa pointe. La rotation d'une capsule plastique traversée en son milieu d'un bois d'allumette suffisait parfois à se distraire des heures durant... Philippe Chacqueneau était l'un de ces bambins aux poches trouées par une toupie perpétuellement disponible. En même temps que le petit jouet tournait sur lui-même la Terre multipliaient les révolutions autour du soleil et Philippe devenait à son tour papa. Initié en 1983 au travail du bois (menuiserie-ébénisterie) par le GRETA à Tours, ce n'est pourtant que cinq ans plus tard qu'il s'exerce au tour à bois, dans un atelier de la MELI à Issoudun. Tout de suite, il fabrique des toupies pour ses deux filles.


Video montrant le travail
de l'artisan
(ADSL uniquement)

Le Japon, la Suisse, la Belgique,... convoitent les toupies " CP"

Une rencontre avec un collectionneur de toupies parisien lui permet de découvrir de nombreux modèles anciens, de les reproduire et de s'en inspirer pour créer des nouveautés. Une véritable passion qui le conduira, dès 1990, à se déclarer créateur d'art pour jouets en bois à temps partiel. Il s'équipe en matériel à bois pour fabriquer de véritables oeuvres d'art qu'il propose alors à la vente sur les salons spécialisés, les marchés du bois,... Installé avec sa famille rue de Strasbourg à Châteauroux, il décide de franchir le pas et d'abandonner un emploi dans la fonction publique au profit de l'artisanat. Remarqué au salon professionnel de Paris " Maison & Objet " avec ses modèles du XIXème" et XXème siècle, il assure plusieurs mois de travail, notamment avec l'étranger, soient la Suisse, la Belgique et le Japon. " Les gens qui accrochent ont cette étincelles au fond des yeux que l'on avait aussi lorsqu'on était enfant ", remarque Philippe.Dans son atelier le bois est stocké pour vieillir. Il se saisit d'un morceau qu'il estime suffisamment mûr et l'installe sur l'un des tours. Les gouges se succèdent entre ses mains. Bientôt, l'objet prend forme. Reste alors à le polir, le vernir ou le lustrer. Le buis et l'ébène sont les matières les plus employées. Ensemble, elles forment une marqueterie massive. Philippe utilise tous les bois précieux ainsi que la corne d'animaux d'Afrique, voire même l'étain pour des incrustations.

Soixante-dix modèles différents

Son catalogue regroupe quelques soixante-dix références de toupies estampillées " CP " : la " girolle " (se lance avec une ficelle, se met en rotation et s'envole), la " gigogne " (en rotation elle libère cinq petites toupies), la " turbine " (le souffle augmente sa vitesse), la " gabille " (des années 30), la " Mère Gaspard " (la grosse toupie en cache sept petites), la toupie poignée, la toupie à secret (un filetage permet d'ouvrir le corps),.. . et bien d'autre encore. Philippe Chacqueneau fabrique également des " virolons ". Il s'agit d'un jeu très original. A l'aide d'une toupie le joueur doit pousser de petites billes dans des trous percés dans un plateau. Chaque alvéole a une valeur différente. Il réalise aussi des objets personnalisés décoratifs liés à son activité : boîtes à pilules avec filetage, etc. Les membre de l'association G.P.T.0 (groupement professionnel de tourneurs) ont pour but de promouvoir la profession d'artistes tourneurs et du tournage d'art. Les toupies de Philippe sont également en vente au magasin " Touchons du bois ", 84 bis rue Grande, à Châteauroux (Indre).

Gilles Guillemain